Mode Estime ou le textile qui fait du bien

Mode Estime abrite dans ses locaux à l’Île-Saint-Denis un atelier et chantier d’insertion qui utilise la filière textile pour insérer des personnes handicapées ou très éloignées de l’emploi. Cette association de 8 salariées a réussi le challenge de transformer leurs ateliers en lieux d’épanouissement et de réparation d’estime de soi pour ses bénéficiaires.

Des maillots de l’équipe de France de football transformés en blouses médicales pour des enfants pris en charge à l’Hôpital Robert-Débré, un jeune recruté par les maisons d’art du 19M à l’issue de sa formation… Ces exemples ne résument pas tous les projets portés par Mode Estime mais donne l’« esprit » de cette association qui a aujourd’hui le luxe de choisir ses clients grâce à sa renommée (le LOSC, Elle, Louboutin, France TV etc). Abritant un atelier et chantier d’insertion installé à l’Île-Saint-Denis, Mode Estime utilise la filière textile pour l’insertion de personnes handicapées ou très éloignées de l’emploi.

Sa directrice, Alice Merle, a réussi avec son équipe, le challenge de transformer leurs ateliers en lieux d’épanouissement et de réparation d’estime de soi pour les bénéficiaires. Rencontre avec cette fan de couture et qui a fait de son engagement son activité professionnelle.

Alice Merle, comment est née Mode Estime ?

Je suis psychologue de formation et avant de monter l’association, j’étais formatrice à l’Institut Régional du Travail Social. En parallèle, je faisais de la couture pour moi. Puis il y a eu des boutiques qui ont commencé à s’intéresser à mes modèles et moi je me suis passionnée pour les vêtements pouvant aller au plus grand nombre, avec un intérêt accru sur la morphologie de chacun·e. J’ai alors rencontré des personnes confrontées au handicap, une psychomotricienne intéressée par cette problématique et j’ai été très touchée par ce sujet. Dans une institution partenaire, on a fini par créer un atelier psychopédagogique à destination des jeunes en situation de polyhandicaps et ce projet artisanal s’est transformé en projet associatif à visée plus sociale que commerciale. Notre idée était surtout d’utiliser la couture à des fins de revalorisation de soi car si la filière textile « fait autant de mal » en terme environnemental notamment, elle doit pouvoir faire autant de bien.

Comment s’est opérée la transformation du projet à l’association qui s’installe dans un local ?
Pendant trois, quatre ans, on a travaillé sur des projets individualisés grâce à la couture et au développement de l’estime de soi et de la psychomotricité des jeunes. Puis on a remarqué qu’en plus de l’estime de soi, la couture était un gros vecteur d’apprentissage et on a proposé d’ouvrir un atelier d’insertion avec un accompagnement social et surtout psychosocial. Alors on a décidé de créer un ACI (Atelier et Chantier d’Insertion) où on s’est donné la vocation d’accueillir des personnes handicapées car on s’était rendu compte que dans les structures d’insertion par l’activité économique, il y avait peu de possibilités pour les personnes handicapées d’accéder à ces ACI justement.

Notre première vocation fut donc de proposer une gamme de vêtements pour personnes en situation de handicap. Puis on s’est vite confronté à la réalité du modèle économique donc on s’est concentré sur un atelier classique mais avec de l’upcycling et sur des matières éco responsables, (les clients potentiels venant vers nous ayant déjà une démarche éco responsable et maintenant environnementale, de plus en plus).

Et votre installation en Seine-Saint-Denis ?
Au départ j’étais dans une pépinière puis on m’a orienté vers l’association Minga qui regroupe des entreprises, des associations et des particuliers avec le but d’agir pour une économie équitable. Chez Minga, on m’a réorienté vers le territoire de la Seine-Saint-Denis où les acteurs de l’insertion par l’activité économique m’ont accueillie à bras ouverts. Le réseau a été très enthousiaste à l’idée du projet et très aidant. Puis j’ai rencontré Stéphane Berdoulet du Phares* à l’Île-Saint-Denis et nous y sommes encore !

Votre renommée a vite dépassé les frontières de l’Île-Saint-Denis !
Mode Estime a été approchée par le 19M à Aubervilliers pour les accompagner dans la formation de talents donc on a ouvert une nouvelle branche dans l’ACI plus qualifiante pour des personnes qui voulaient rester dans la filière technique et on a ouvert un centre de formation pour personnes très éloignées de l’emploi !
Nous appartenons aussi au collectif Co-FILS (Collectif textile solidaire) via lequel nous proposons des produits éco-conçus avec nos partenaires Fer et refaire, Ressourcerie 2mains et La main fine.
Enfin on vient d’ouvrir une antenne à Lyon où on revient vers nos premiers engagements, en travaillant sur un service rendu aux personnes en situation de handicap ou éloigné du prêt à porter pour travailler sur la question du corps.
Pour que personne ne soit exclu d’un prêt-à-porter de qualité à cause d’un handicap ou d’un physique hors norme !

Propos recueillis par Sandrine Bordet
Crédits photos Mode Estime

En savoir plus en découvrant leur site via modeestime.fr

Quelques exemples de projets en images

Le Département a commandé plus de 300 blouses au collectif Co-FILS afin d’équiper ses collaborateur.rice.s des crèches notamment. L’équipe de Mode Estime a salué au passage le choix de cette très belle couleur Lilas, qui a ravi leurs yeux le temps de la production !


Aboubakar fait partie de la première promotion du programme de formation de Mode Estime. Pour concevoir un programme pertinent, l’équipe a mené une étude de marché auprès des entreprises textiles afin de comprendre leurs besoins. Il en est ressorti, entre autres, que les attentes avant embauche portaient sur :
– La maîtrise de la piqueuse plate
– La maîtrise de la lecture et de l’expression orale
– La précision, l’appétence pour le travail en équipe, la motivation
– La maîtrise des fiches techniques ou de la lecture de patron
Avec l’aide de L’atelier des madames, la formation a été conçue en 255 heures sur plateau technique dans les locaux de Mode Estime, réparties en 6 modules.
Les stagiaires y apprennent, entre autres, à lire et exploiter des données techniques, à entretenir des machines à coudre industrielles, à réaliser le montage de produits textiles et les opérations de finition, à assurer le contrôle qualité etc.


Pour la commande de la FFF de transformer des maillots de football de l’équipe de france des saisons précédentes en blouses d’hôpital afin de les offrir aux enfants de l’hôpital Robert Debré AP-HP, Mode Estime a travaillé sur différents modèles 100% Upcycling, sans ajout d’aucune matière première. Par exemple, l’ourlet du bas du maillot a été découpé pour devenir les attaches à nouer. Outre redonner le sourire aux enfants hospitalisés, cette commande est un bel exemple de valorisation textile qui favorise l’emploi local et l’insertion.


Drapeaux pour les lycées d’Île de France en production 100% made in France.


Sur ses réseaux sociaux, Mode Estime propose aussi toute une série de tutoriels de mode adaptée comme une lingette de bouton de gastrostomie.
Ce tutoriel est adapté aux problématiques des personnes ayant subi une stomie, car les sondes gastrostomiques causent souvent des fuites plus ou moins abondantes autour du bouton de gastrostomie, créant des sensations désagréables pour les personnes concernées. Ce tutoriel a pour objectif d’aider ces personnes, les aidant.e.s, soignant.e.s, bénévoles d’association… à fabriquer simplement des lingettes très pratiques au quotidien. Peu de matériel et peu de connaissances en couture sont nécessaires. 
Vous retrouverez le tutoriel complet et les patrons et gabarits sur leur site internet, rubrique « Nos projets ». Y sont également archivés tous les autres produits imaginés et réalisés par Agnès et Alice dans le cadre de ce projet Mode Adaptée : le body stomie Bébé, le body adulte, la chemise de patient, le bandana imperméable, le surdrap imperméable, et la serviette taille adulte.
La vidéo a été réalisée avec l’aide de la Maison de Répit de Lyon et de l’Agence Lyonnes.


Récemment l’équipe de Mode Estime a participé à un projet photo intitulé BORN IN … PPM. Il consiste en une série de portraits initiée par Mary-Lou Mauricio à découvrir sur borninppm.com
Les participant·e·s posent avec le taux de concentration en CO2 (exprimée en PPM, Parties Par Million) de leur année de naissance en signe de mobilisation contre la combustion des énergies fossiles toujours plus grandissante et pour dénoncer l’injustice climatique.
Pour découvrir la galerie des autres portraits et découvrir le taux de concentration du CO2 à votre année de naissance, rdv sur borninppm.com

* Le PHARES, situé 6 rue Arnold Géraux à L’île-Saint-Denis, est un Pôle d’Hospitalité d’Activités à Rayonnement Écologique et Solidaire. Il repose depuis la fin des années 90 sur l’idée de créer un carrefour d’initiatives économiques et associatives partageant les mêmes valeurs de solidarité, d’innovation citoyenne et d’écologie.

Alice Merle est aussi ambassadrice de la marque territoriale In Seine-Saint-Denis.

180 000 billet pour les jeux olympiques et paralympiques !

180 000 : c’est le nombre de billets qui seront distribués gratuitement aux habitant·e·s de la Seine-Saint-Denis pour assister aux différentes compétitions des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. L’objectif : permettre aux habitant·e·s de profiter des Jeux sur le territoire, qui accueillera 13 épreuves !

Parmi ces 180 000 billets, plus de 40 000 sont mis à disposition par le conseil départemental de Seine-Saint-Denis, soit 13 990 billets pour les Jeux olympiques et 26 743 billets pour les Jeux Paralympiques.

Qui en bénéficiera en Seine-Saint-Denis :

Parmi les publics ciblés par le Département de la Seine-Saint-Denis :

  • les collégien·ne·s, (100 billets d’épreuves aux jeux paralympiques sont mis à disposition pour chacun des 130 collèges publics du département.)
  • le mouvement sportif,
  • les enfants et les familles suivies par les services sociaux,
  • les personnes âgées, les personnes éloignées de l’emploi,
  • les personnes adultes en situation de handicap,
  • le tissu associatif culturel et citoyen ou encore des agent·e·s de la collectivité

Par ailleurs, trois jeux concours ont d’ores et déjà été organisés auprès d’un public cible :

• les collégien·e·s de 5e détenteurs d’un pass’ sport, avec plus de 900 participant·e·s, ce qui a permis à 723 collégien·e·s de gagner 2 billets chacun.e pour assister aux Jeux olympiques,

• les détenteurs.rices de la carte Ikaria, avec plus de 1570 participant·e·s : 1000 détenteurs.rices de la carte Ikaria ont ainsi gagné 2 billets chacun.e, pour les Jeux olympiques ou les Jeux paralympiques.

• Pour les agents du Département, un jeu concours – par une application proposant un challenge sur un mois – a eu lieu en février : 848 agents départementaux y ont pris part et plus de 600 agents ont gagné chacun.e 2 places pour les Jeux olympiques ou les Jeux paralympiques.

Enfin, le Département anime le dialogue avec les autres collectivités ou les services de l’État qui ont également acheté des billets, afin de se coordonner sur les cibles de publics visés.

Pour les autres institutions et collectivités :

Les publics ciblés par l’État sont :

  • Les jeunes,
  • les établissements scolaires,
  • les bénévoles du mouvement sportif,
  • les personnes en situation de handicap et leurs aidant·e·s,
  • les agent·e·s publics relevant des catégories B et C,

Quant aux publics ciblés par la Région Île-de-France, il s’agirait des jeunes et lycéen·ne·s en grande partie distribués via l’application « LaBaz » vers des publics jeunes – lycéen·ne·s entre 15 et 25 ans

La Métropole du Grand Paris distribuera les billets via les 131 communes de la Métropole.

Plaine Commune en fera profiter :

  • les publics des médiathèques,
  • les agent·e·s, les étudiant·e·s,
  • les publics bénéficiaires des programmes de mobilisation de Plaine Commune,
  • les publics bénéficiaires de clauses d’insertion et programmes de formation liés aux chantiers des Jeux,
  • les populations en situation d’exclusion ou de précarité,
  • les jeunes et population scolaire dans le cadre d’une démarche de promotion de l’activité physique ou d’éducation par le sport,
  • les licenciés et bénévoles du mouvement sportif local, les populations directement impliquées ou impactées par les opérations des Jeux

Parmi les publics identifiés par Est Ensemble :

  • les centres de loisirs et services jeunesse des communes,
  • challenge dans les piscines du territoire, à l’attention des particuliers,
  • bénévoles du Trail des Hauteurs,
  • bénévoles de la Grande Rando,
  • usager·ère·s impliqué·e·s dans les rencontres chorégraphiques internationales en Seine-Saint-Denis et leur projet autour du hip-hop (Olympiade culturelle)

Congé parental : la Seine-Saint-Denis s’engage

Selon une étude de EDHEC de 2022, près de 90 % des personnes interrogées estiment que le congé pour le deuxième doit être renforcé.

Pour favoriser l’égalité, les élu-e-s du département ont fait le choix de mettre en place un allongement de la durée du congé naissance accordé aux agents et agentes second parent durant la période cruciale dans la vie, qu’est l’arrivée d’un enfant dans une famille.

Ce projet entend pallier les insuffisances de la législation nationale en matière de congés parentaux. En effet, si le congé du second parent a été porté en 2021 à 28 jours calendaires, cette avancée demeure insuffisante pour atteindre l’égalité des droits et pour permettre une plus juste répartition des tâches domestiques et parentales.

Le Département disposerait, avec le congé de second parent, d’un levier complémentaire d’amélioration des droits parentaux et de promotion de l’égalité, dans la période particulière pour les familles qu’est la naissance d’un enfant.

C’est un changement de conception important pour les employeurs et les politiques publiques.

Historiquement, pour atteindre l’égalité, les politiques publiques ont favorisé l’activité professionnelle des femmes et négligé l’importance d’encourager la participation des hommes à la vie familiale. Or, les recherches montrent que la parentalité constitue un moment crucial pour l’égalité femmes-hommes, signifiant souvent le retour à des schémas traditionnels de division sexuée du travail.

En faisant la synthèse des études sur le sujet, il apparaît que les bénéfices d’un renforcement du congé de paternité ou de coparentalité pour le deuxième parent sont multiples et porteurs de changements importants :

  • Une meilleure répartition des tâches parentales et des responsabilités au sein du couple. En effet, la présence du second parent durant les premiers mois de l’enfant favorise une meilleure répartition des tâches domestiques, et surtout parentales, dans le couple et permet de ne pas renforcer la spécialisation des rôles masculins ou féminins au sein de la famille.
  • Une meilleure santé pour les parents et les enfants. Le congé d’accueil de l’enfant participe à la création de liens d’attachement durables entre le second parent et l’enfant et ainsi à accompagner le développement de l’enfant. La présence du second parent est également importante pour soutenir la mère, notamment dans la période périnatale (besoin de repos et de soins), diminuant le risque d’épuisement psychique et de dépression chez celle-ci.
  • Un levier pour lutter contre les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes. Le congé pour le deuxième parent (et son allongement) représente une solution aux inégalités professionnelles dans le sens où il permet de faire peser le « risque de la parentalité » autant sur les hommes que sur les femmes. Ce congé paternité renforcé permet aussi de promouvoir des rôles moins stéréotypés.

1. La France, moins-disante en Europe sur les droits parentaux

Actuellement dans la législation française, le congé maternité, il est, après la naissance, d’une durée de :

  • 10 semaines pour le premier et le deuxième enfant,
  • 18 semaines à partir du troisième enfant et de 22 semaines en cas de naissance gémellaire.

Concernant le congé pour le second parent (officiellement dénommé le « congé paternité et d’accueil de l’enfant »), il est de 28 jours calendaires, comprenant :

  • une partie obligatoire de sept jours calendaires, à prendre immédiatement après la naissance, composée de trois jours de congé de naissance et de quatre jours de congé de coparentalité ;
  • une partie facultative et fractionnable de 21 jours calendaires, à prendre après la période obligatoire, dans un délai de six mois à compter de la naissance, et divisable en deux périodes, chacune d’une durée minimale de cinq jours.

Avec cette législation pourtant récente, la France figure parmi les moins-disants en Europe où les droits parentaux tendent à s’améliorer, notamment dans les pays nordiques ou encore en Espagne où, depuis le 1er janvier 2021, chacun des parents bénéficie de seize semaines de congé totalement indemnisées.

Dans ce contexte, des revendications se font entendre en France plaidant en faveur d’un changement de législation. En l’absence de décision à l’échelle nationale, les employeurs se montrent en la matière de plus en plus à l’initiative. C’est le cas de plusieurs entreprises privées qui offrent à leurs salariés des congés au deuxième parent plus longs, de dix à quatorze semaines en général. C’est aussi l’exemple récent de la Ville de Lyon qui a voté en décembre 2023 l’instauration d’un congé paternité de dix semaines, une mesure entrée en vigueur le 1er janvier 2024.

Engagé pour l’égalité, le Département a donc souhaité compter parmi les employeurs publics ambitieux en matière d’égalité familiale et de se faire le porte-parole d’une ambition nationale, incitant la France à rattraper les bons élèves européens sur la question des droits parentaux.

2. Faire du congé du second parent un véritable levier en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes

Pour que la mesure d’allongement du congé du deuxième parent produise des effets positifs – tant à l’échelle des individus et des familles que de l’environnement professionnel – il paraît essentiel de l’accompagner d’un plan de soutien effectif fondé sur l’information, la sensibilisation et sur des pratiques managériales exemplaires.

A. Aligner le congé du second parent sur le congé maternité post-natal

Il est proposé de porter, pour les agent.e.s de la collectivité, le congé du second parent à la même hauteur que celui prévu post-natal par les textes pour la mère donnant naissance, en incluant les modalités prévues au plan national pour les 28 jours calendaires du congé légal. Ce congé accordé au second parent serait indemnisé par le Département dans les mêmes conditions que le congé prévu pour la mère donnant naissance, soit avec un maintien intégral du salaire pendant toute la durée du congé.

Ainsi, le congé post-naissance du second parent serait ouvert en trois modalités complémentaires :

  • les sept jours calendaires légaux obligatoires du congé en vigueur à prendre juste après la naissance, dans les conditions légales actuelles ;
  • suivis des semaines supplémentaires accordées par le Département, à la demande de l’agent.e, à prendre immédiatement après : ces semaines seraient accordées en fonction de la durée du congé post-natal de la mère donnant naissance, soit six semaines (premier et deuxième enfant), 14 semaines (à partir du troisième enfant) ou 18 semaines (naissance de jumeaux) ;
  • puis, les 21 jours légaux, aujourd’hui facultatifs, pourront être pris en une ou deux fois d’au moins cinq jours, dans le délai de six mois suivant la naissance, conformément à la réglementation.

B. Accompagner la mesure et favoriser le recours au congé par le second parent

L’allongement du « congé paternité » est une avancée importante et, pour qu’un vrai changement s’opère au regard de la parentalité et de ses impacts sur la vie professionnelle, le Département souhaite, en parallèle, poursuivre son action pour lever les freins empêchant le recours à ce congé facultatif.

Même si, selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et de statistiques (DREES) publiée en juillet 2023, le « congé paternité » semble être entré dans les mœurs dans la fonction publique davantage que dans le secteur privé, certains blocages demeurent. Les enquêtes sur le sujet identifient plusieurs freins expliquant un non-recours au « congé de paternité » (partiel ou intégral) : la méconnaissance du dispositif ; l’emploi et notamment une charge de travail jugée trop importante ; la potentielle perte de revenu associée à ce congé ; les normes sociales et la perception stéréotypée des rôles familiaux.

Il s’agit ainsi de bien accompagner la mesure afin de s’assurer du recours effectif par les parents à ce congé élargi. Ainsi, le Département mettra en œuvre plusieurs types de mesures telles que :

Communiquer et sensibiliser

  • Favoriser une culture commune de l’égalité afin de normaliser le recours au congé de coparentalité et l’engagement des pères au sein du foyer ;
  • Sensibiliser aux stéréotypes sexistes, notamment ceux liés à la parentalité ;
  • Informer les agent·es et les sécuriser quant aux conditions de leur congé et de leur retour ;
  • Former l’encadrement pour éviter tout discours culpabilisant.

Anticiper et organiser

  • Favoriser une organisation favorable à la prise du congé de paternité ;
  • Mettre en place un entretien de reprise avec l’encadrant·e dès le retour de l’agent·e.