Le Green docks : Comment préserver le label Natura 2000

Avec ses 600 mètres de long et ses quatre étages, le futur entrepôt Green Dock, sur le port de Gennevilliers, devrait accueillir jusqu’à 16 entreprises, soit 90 000 m2, et 35 m de haut en bord de Seine ! L’implantation de ce gigantesque entrepôt routier sur les berges de la Seine fonctionnant 24 h sur 24 a donné lieu à de nombreuses réactions dont un grand nombre concernant le devenir du parc départemental de l’île Saint-Denis. Comment imaginer qu’une telle construction serait sans conséquence sur la biodiversité, sur la continuité et la tranquillité écologique pour la faune (53 espèces) et la flore.

Le futur entrepôt « Green Dock » longera, dans une très grande proximité (à peine une cinquantaine de mètres), la pointe aval de l’Île-St-Denis, qui est la première zone naturelle non-anthropique que l’on trouve en aval de Paris. Il s’agit d’une zone naturelle protégée ZNIEFF labellisée Natura 2000, en raison de l’intérêt majeur de son écosystème. C’est également une réserve ornithologique abritant plusieurs espèces d’oiseaux rares et menacées, dont le Martin-Pêcheur d’Europe et le Grand Cormoran (plusieurs centaines d’individus y hivernent chaque année), ainsi que le Faucon Crécelle et la Sterne Pierregarin.

Sans remettre en cause l’existence d’un port et des activités qui en découle dans ce secteur, il me semble que le projet de Green docks est aujourd’hui incompatible avec un tel espace de biodiversité à ces côtés.


En effet, comment imaginer la cohabitation entre ces espèces protégées par la Directive Oiseaux de l’Union Européenne, dont le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) stipule qu’il ne faut pas les perturber et respecter leur tranquillité, et une barre d’immeuble en verre de 12 étages dangereuse pour leurs trajectoires de vol, et fonctionnant la nuit avec un éclairage nocif pour eux ?

De plus, sur les plans du futur « Green Dock », une rampe à poids lourds emmènera les camions, jour et nuit, à 25 mètres de haut et les fera ensuite redescendre dans un ballet incessant. Cette circulation se situe en plein devant l’habitat naturel de ces espèces d’oiseaux protégées. Si les données fournies par les promoteurs admettent d’ailleurs un problème de dépassement des limites autorisées en termes de pollution sonore, aucune solution satisfaisante n’est, pour l’heure, apportée à ce problème.

Nous pouvons également évoquer la pollution lumineuse qui est un enjeu important pour les oiseaux qui nichent dans la zone Natura 2000. Les études du promoteur que le futur entrepôt n’augmentera que légèrement la luminosité actuelle dans cette zone. Mais elles oublient que la parcelle voisine est à l’est du futur entrepôt produit aujourd’hui un éclairage nocturne intense et anormal. Ainsi les promoteurs de « Green Dock » se basent donc sur une situation existante problématique (et qui doit changer) pour minimiser l’impact de leur projet.

De plus, cet entrepôt interrompra un corridor de biodiversité et constituera une menace pour la continuité des trames verte (végétal), bleue (aquatique) et noire (nocturne) en région parisienne.

En réalité, le principal problème tient au fait que leur étude d’impact environnemental ne couvre que la parcelle même du futur entrepôt, et néglige de prendre en compte les conséquences négatives de son fonctionnement sur la zone Natura 2000.
Alors que chaque jour nous entendons des méfaits de la crise climatique sur nos conditions de vie, nous ne pouvons accepter que le projet « Green docks » remettre en cause cet îlot de fraîcheur et de biodiversité de la petite couronne. C’est l’opposé des objectifs d’intérêt général, d’insertion urbaine et paysagère annoncés. Le partage avec les activités de loisirs, de promenade est remis en cause.

Une décision de la cour administrative d’appel de Marseille en date du 17 juin 2019 rappelle qu’il est nécessaire de mener une étude d’impact « large » pour les projets situés à proximité d’une zone Natura 2000 même s’il n’est pas dans le périmètre : https://juricaf.org/arret/FRANCE-COURADMINISTRATIVEDAPPELDEMARSEILLE-20190617-17MA00976

Je mets ici en exergue les points qui me semblent être en lien avec la situation du « Green dock »

« 6. Il résulte de l’instruction que le terrain d’assiette du projet, d’une superficie totale de 235 725 m², qui faisait précédemment l’objet d’une exploitation agricole, se situe aux abords de la zone spéciale de conservation  » Crau centrale-Crau sèche  » désignée site Natura 2000 en application de la directive 92/43/CEE, par arrêté interministériel du 22 janvier 2010, en raison notamment des objectifs de conservation de la population de chiroptères présente sur ce site, et à moins de 400 mètres de la zone de protection spéciale dite  » Crau sèche « , destinée à protéger certaines espèces d’oiseaux, désignée également site Natura 2000 au titre de la directive 79/409/CEE, par arrêté interministériel du 20 octobre 2004. La circonstance que la zone d’emprise du projet ne se situe pas dans un de ces périmètres de protection règlementaire n’est pas de nature à dispenser l’exploitant d’examiner les incidences que l’installation en cause serait susceptible d’avoir sur les espèces et habitats présents dans ces sites voisins, conformément aux dispositions précitées de l’article L. 414-4 du code de l’environnement et du II de l’article R. 414-19 du même code. »

 « 7. Il résulte de l’instruction que l’étude d’impact qui ne comporte aucun inventaire des espèces faunistiques et floristiques recensées sur le site, se contente d’indiquer que les » cortèges faunistiques observés lors des visites de site n’ont révélé qu’un cortège d’espèces banales et ne présentant pas d’enjeux de conservation. «, alors que le pré-diagnostic annexé à cette étude mentionne que » des espèces protégées sont potentiellement présentes dans les lisières arborées «. S’agissant de la flore, selon cette même étude, » au vu des habitats et des cortèges d’espèces observés, la présence d’espèces remarquables et notamment protégées et/ou menacées parait très peu probable «. Ces évaluations sont contredites par le rapport du bureau d’études » Groupe Chiroptères de Provence » (GCP) réalisé en octobre 2014, dont il ressort que les friches, les vergers et les réseaux de haies, dont il est prévu la suppression par le projet en litige, sont susceptibles de constituer des habitats ou des zones de chasse pour les chiroptères présents sur le site Natura 2000 » Crau centrale-Crau sèche «, situé à proximité de la zone d’emprise du projet. Par ailleurs, selon une étude datée du 5 octobre 2017, portant sur les chiroptères de la zone du Mas de Gouin et ses alentours, réalisée par un consultant en biodiversité durant un cycle biologique complet de septembre 2016 à août 2017, au moins 17 espèces de chiroptères parmi les 34 que compte le territoire national, toutes inscrites à l’annexe 4 de la directive européenne 92/43/CEE, sont présentes sur cette zone d’étude. Certaines de ces espèces comme le Murin de Capaccini, le Minioptère de Schreibers, la Barbastelle d’Europe, le Murin de Bechestein, représentent un enjeu local de conservation très fort. Il résulte également de l’instruction que le terrain d’assiette du projet est limitrophe d’une haie identifiée dans la trame verte et bleue du plan local d’urbanisme de Saint-Martin de Crau et inscrite à l’item 9 de l’article 1er pour le site Natura 2000 » Crau centrale-Crau sèche «. Cette haie draine un des cinq grands axes de connexion offerts par les milieux arborés pour la faune associée notamment les chiroptères arboricoles et les oiseaux cavicoles présents au sein du site Natura 2000 » Crau centrale-Crau sèche «. Au regard de la superficie particulièrement importante des zones actuellement en l’état naturel qui seront artificialisées ou altérées dans le cadre de ce projet et de la position de ces terrains située à faible distance de deux sites Natura 2000, le projet en litige doit, dès lors, être regardé comme susceptible d’affecter de manière significative un ou l’autre de ces sites et entre, par voie de conséquence, dans le champ des dispositions précitées des articles R. 414-19 et R. 414-23 du code de l’environnement. Dans ces conditions, le dossier de demande d’autorisation présenté par la SARL La Thominière qui ne comprend pas d’analyse suffisante des effets, temporaires ou permanents, directs ou indirects, que l’installation projetée peut avoir sur l’état de conservation des habitats naturels et des espèces qui ont justifié la désignation des sites Natura 2000 et qui se borne, en outre, à prévoir comme mesures compensatoires que la réduction des impacts lumineux du projet sur la population des chiroptères, méconnaît les dispositions précitées du code de l’environnement. Dans les circonstances de l’espèce, la méconnaissance de ces dispositions, d’une part, n’a pas permis l’information complète de la population et, d’autre part, a été de nature à exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative. »

Stop galère: Stop à la privatisation des transports en commun !

Le 2 janvier 2023, nous étions 250 élu-e-s: Maires, Conseillers régionaux, départementaux et Parlementaires a adresser une lettre ouverte à la Première Ministre. Ensemble, pour demander l’arrêt de la privatisation des transports publics d’Ile-de-France.

En effet depuis septembre, les transports en commun semblent être dans une impasse sans précédent en Île-de-France. Les cadences ont été divisées par deux, les rames et les bus sont bondés, et pour couronner le tout le prix de l’abonnement a fortement augmenté.

Face à cette crise qui impacte le quotidien de milliers de personnes, en particulier en banlieue, Valérie Pécresse, la Présidente de Région, a fait le choix d’ajouter à l’inquiétude en lançant à marche forcée la privatisation. Les bus d’abord, dès 2025, alors que rien ne l’oblige à le faire au niveau européen, puis les métros et les RER.

Pour informer de la campagne « stop galère », nous avons tenu une réunion le 9 janvier dernier à la Courneuve en présence du maire, du président du conseil départemental, d’élu-e-s régionaux des différents groupes de gauche, de syndicalistes et d’usagers

Face à une telle situation, il y a urgence à surseoir ce qui dégrade d’ores et déjà les conditions de transports des usagères et usagers et qui brade les conditions de travail des salarié-es

De plus, nous l’affirmons haut et fort : Ile-de-France Mobilités, chef d’orchestre de ce grand saut dans le moins disant social et sa Présidente Valérie Pécresse, n’ont pas les moyens de financer la privatisation. Sauf à sacrifier l’entretien du réseau existant ou à augmenter à nouveau les titres de transports !

Il y a quelques jours, le ministre des transports C. Beaune a lui-même reconnu qu’il fallait éviter le chaos pour l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024. Il faut maintenant que Valérie Pécresse l’entende !

Que ce soit pour l’énergie ou les autoroutes, les exemples passés nous montrent clairement que l’ouverture à la concurrence n’a jamais fait baisser les prix et amélioré la qualité de service. La seule façon d’avoir un service public de qualité en matière de transports en commun c’est d’y mettre les moyens, pas de le brader en choisissant l’opérateur le moins cher.

Avec toutes les forces de gauche du Conseil régional, du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, avec les huit fédérations du PCF d’Ile-de-France, aux côtés des syndicats des agents des transports et des salariés, aux côtés des usagers, nous refusons cette fuite en avant.

Parce que la réalité quotidienne des transports franciliens est devenue insupportable, avec les 50 000 signataires de la pétition STOP GALERE, nous renforçons la pression. Pour cela, nous demandons audience à la Première Ministre et poursuivons notre action.

Pour participer avec nous à cette mobilisation, vous pouvez d’ores et déjà signer la pétition https://stopgalere.fr

Avec cette pétition, nous exigeons:

✅ Un retour effectif de l’offre de transports à 100 %

💰 Le déploiement de nouvelles ressources de financement avec un soutien accru de l’Etat

❌ L’abandon de la privatisation des lignes exploitées par la RATP et la

SNCF.

Notre mobilisation continue ✊🏻

Pour signer vous aussi la pétition #StopGalere👉https://stopgalere.fr

Les lauréats du budget participatif départemental  !

Cris de victoires, effusion de joie, embrassades… Vendredi 2 décembre, dans la salle des séances de l’hôtel du Département, les convives n’ont pas célébré un succès de l’équipe de France de foot en Coupe du monde mais les 106 lauréat·e·s du premier budget participatif du Département. Après plusieurs mois de mobilisation, cette cérémonie de clôture placée sous le signe de l’émotion a permis de connaître les projets qui vont permettre d’améliorer le cadre de vie des habitants des 21 cantons de la Seine Saint-Denis.

Pour cette première édition du budget participatif, 7400 séquano-dionysien-ne-s ont pris part au vote. 7400 habitant-e-s de Seine-Saint-Denis ont pu ainsi, dans une plus grande proximité, s’impliquer davantage dans la vie démocratique, mieux connaître l’institution conseil départemental, ses responsabilités, ses compétences et voir par elles/eux mêmes comment l’action publique se met en œuvre.

Pour ce budget participatif, pour lequel 3 millions d’euros, répartis par cantons, ont été consacrés, 576 idées ont été proposées lors des quelque 60 réunions publiques et ateliers organisés dans les cantons et les lieux d’accueil départementaux. Après étude de faisabilité par les services dédiés, 181 ont été soumis au vote, lequel était ouvert à toutes et tous dès 11 ans et sans condition de nationalité. Notons que les projets non retenus serviront à nourrir la réflexion du département sur différentes actions à mener.

Ceux qui ont été sélectionnés seront réalisés à partir de 2023. La mobilisation aura duré plusieurs mois : de mars à mai, les projets ont été déposés, puis, de mai à septembre, analysés par les services du Département. De septembre à octobre a eu lieu la phase de vote. 

D’après les chiffres communiqués, si 60 % des projets ont été déposés par des citoyens à titre individuel, 10 % d’entre eux ont moins de 15 ans. Bobigny (52), Saint-Ouen (49) et Livry-Gargan (44) composent quant à elles le podium des villes ayant recueilli le plus de projets. Lesquels brillent par leur diversité : plus du tiers (34 %) portent sur l’amélioration du cadre de vie (entretenir et rénover les espaces publics, contribuer à l’embellissement des bâtiments départementaux, etc.) et environ 20 % ont trait aux mobilités (mieux partager l’espace public, notamment autour des routes départementales, développer le vélo et la marche à pied par des aménagements). Mais la nature et l’écologie (végétaliser l’espace public, œuvrer pour la préservation de la biodiversité du territoire, promouvoir un mode de vie plus éco-responsable axé sur le recyclage, la production d’énergies renouvelables, etc.), les sports et les loisirs (plus d’équipements et de terrains de sport dans l’espace public, création d’aires de jeux inclusives à destination des enfants et des jeunes), la culture et le patrimoine, les solidarités et l’inclusion ne sont pas en reste et ont suscité également un fort intérêt des participants.

Pour connaître tous les projets retenus : https://seinesaintdenis.fr/Budget-participatif-2022-106-projets-laureats

Intervention lors du vote du budget 2023 au conseil départemental

Vous trouverez, avec la vidéo ci-dessous, mon intervention au conseil départemental concernant le budget 2023.

Nous affirmons nos politiques de solidarité avec un plan pour le pouvoir d’achat de plus de 46 Millions d’€. Sans aide de l’Etat, et pour faire face à l’inflation des prix de l’alimentation et l’explosion des prix de l’énergie, nous renforçons nos politiques de solidarité.

De même, nous travaillons à la mise en place d’un dispositif pour faire de la Seine-Saint-Denis un territoire zéro-non recours. L’objectif est d’épauler les habitant-e-s de notre département, et particulièrement les jeunes, pour les informer sur leurs droits et les accompagner administrativement pour les obtenir.

Enfin, nous faisons le choix de lier concrètement « fin du monde et fin du mois » avec un chèque alimentaire durable. Trop d’étudiant-e-s sont dans l’obligations de faire appellent aux associations d’aides alimentaires pour survivre. Chef de file de l’action sociale, nous faisons le choix de prendre notre part sur ce sujet et de mettre à l’étude la mise en place d’un tel chèque.

« Sous plan », un film sur le cyberharcèlement et la prostitution des mineur-e-s réalisé par des lycén-ne-s d’Epinay-sur-Seine

Vendredi 18 novembre j’ai assisté à l’avant première du court métrage « sous plan ». « Sous plan » est un projet de lycéen-ne-s d’Epinay-sur-Seine de 2 ans pour alerter sur les questions de cyber-harcèlement et sur la prostitution des mineurs. C’est une véritable prouesse qu’ont réalisés ces jeunes et leurs professeurs accompagnés par l’association « je suis l’autre » et parrainé par Camille Cottin pour cette production juste et réaliste. Le sujet de la prostitution des mineur.e.s n’est pas un sujet simple et il ne peut être traité avec simplisme.

Capture d’écran du court-métrage Plan Sous

Selon une étude menée en novembre 2021 par l’observatoire des violences faites aux femmes, 99 % des mineurs victimes de prostitution ont d’abord été victimes de violences avant l’entrée dans la prostitution.

Qu’ils s’agissent de violences sexuelles au sein ou non de la famille, de tentative ou de viol, de violence intra-familiale ou conjugale… on s’aperçoit que c’est bien un processus de violence qui conduit à la prostitution des mineurs.

Ces violences sont d’autant plus importantes qu’elles sont très peu reconnues par la justice. Ainsi, avant l’entrée en prostitution, parmi les mineures ayant signalé à la justice ou aux forces de l’ordre les violences subies, seule 1 sur 5 a vu le ou les auteurs des violences condamnés. Et seulement 1 cas sur 10, les auteurs de violences au sein de la famille sont condamnés. Pour ce qui concerne les violences conjugales, sur 1/3 des femmes qui les dénoncent à la justice, seulement 1 cas sur 2 donne lieu à une condamnation et/ou décision de protection (ordonnance de protection).

A cette situation de violence physique, nous pourrions ajouter un parcours de violences et d’échec scolaire.

Toujours selon l’étude de l’observatoire des violences faites aux femmes, 6 filles sur 10 sont ou ont été déscolarisées avant ou au moment de l’entrée dans la prostitution. Et 4 mineures sur 10 ont subi du harcèlement scolaire, de cyber harcèlement.

Ainsi ces femmes sont toutes majoritairement en situation de vulnérabilité au moment d’entrer dans la prostitution.

On le voit la prostitution ne résulte pas d’un choix éclairé. Aucune mineure ne « se livre », avec toute la connotation volontaire que ce mot peut avoir, à la prostitution. La prostitution est un acte qui résulte des rapports de domination, très majoritairement, des hommes sur les femmes qui traversent notre société. La prostitution est, avant tout, un acte d’appropriation du corps des femmes par les hommes qui s’inscrit complètement dans la logique patriarcale.

Je le dis volontairement dès le début de mon propos car au même titre que le problème relève d’un modèle de société de violences et dont les femmes, et particulièrement les jeunes femmes, sont les premières victimes, la réponse doit être à la même hauteur.

La prostitution des mineures n’est pas un fait marginal. 6 000 à 10 000 mineures se retrouveraient en situation de prostitution en France, principalement des femmes de 13 à 16 ans. Et 89 % de ces femmes veulent sortir de la prostitution.

Ce modèle de société on le voit à travers l’utilisation des réseaux sociaux Il y a naturellement l’utilisation de Snapochat ou d’instagram, outil privilégié de repérage des victimes par les proxénètes tout comme pour la mise en relation avec les clients prostitueurs. Mais il me semble essentiel également d’évoquer l’explosion de l’utilisation de la plateforme OnlyFans en 2020. Cette plateforme payante permet la publication par les abonnées de photo et vidéo érotiques. Ce type de plateforme inscrit une fois de plus l’idée qu’il est normal de payer pour avoir accès au corps des femmes. Le corps des femmes est une marchandise qu’on achète.

Cela participe à la dévalorisation et à l’humiliation de la femme, technique si régulièrement utilisé par les agresseurs eux même pour amener à la prostitution.

Loin de cette prise de conscience, nous assistons aujourd’hui dans la société à une inversion de la culpabilisation. Faisant reposer la faute sur les femmes, sur les victimes. C’est le concept ainsi de Michetonnage qui s’instaure avec comme principe « C’est ton comportement qui me pousse à réagir comme ça ». Il faut dénoncer ce concept et la peur qu’il engendre chez les victimes pour qu’elles ne parlent pas.

La prostitution des mineures n’est pas un simple fait de société. C’est un phénomène de société complexe qu’il nous faut étudier et analyser afin de mieux le prévenir.

C’est dans ce sens que l’observatoire des violences faites aux femmes avec le soutien du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a produit 3 études sur ce sujet. Une en 2019, en 2020 et en 2021. Avec ces études l’objectif était clair : « Mieux comprendre pour mieux protéger » ; identifier les facteurs de risques prostitutionnels pour mieux prévenir.

Ces études ont également permis de produire à l’usage des professionnel.les un guide intitulé «  La prostitution est une violence. Les jeunes sont en danger, vous pouvez agir ». Ce guide continue à être diffusé dans le département auprès des agents de l’aide sociale à l’enfance, d’autres professionnelles et des familles pour sensibiliser à ce sujet.

Des journées de sensibilisations ont eu lieu comme celle de novembre dernier à l’occasion de la 17e Rencontre Femmes du Monde en Seine-Saint-Senis ; et d’autres sont déjà programmées comme celle par exemple du 22 novembre prochain en lien avec le centre Hubertine Auclert.

Afin de nous adresser directement aux jeunes sur ce sujet un outil, à l’image du violentomètre, est en cours de création en ce moment.

Et parce qu’en plus de prévenir, il faut également accompagner pour sortir ces jeunes femmes de la prostitution, le Conseil départemental participe également au financement de LAO, le lieu d’accueil et d’Orientation, qui se situe à Bagnolet et qui accueille les mineures victimes de prostitution.

On le voit, cette question de la prostitution des mineures est intimement liée à la vision qu’à la société de la place de la femme. Il nous faut créer les conditions d’une véritable révolution culturelle reposant sur l’égalité de l’ensemble des êtres pour éteindre durablement ce fléau. Comme le disait Léonard de Vinci « il n’est pas point de repos sans égalité » alors continuons !

Retrouvez les articles concernant ce film ci-dessous

https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/prostitution-des-mineurs-dans-un-court-metrage-choc-des-lyceens-donnent-la-replique-a-camille-cottin-21-11-2022-ENDHV625H5AGFBETWDCH6EP53M.php?fbclid=IwAR2cJC4P6eDPKlVhwNf8rIyCLSa2MUKSTY1A4BaQOpGslRr7y1rSmUjIQa0

Exigeons des moyens pour un plan social d’urgence en Seine-Saint-Denis

L’examen des orientations budgétaires pour notre collectivité demeure une étape essentielle; il permet de travailler aux réponses les plus adaptées aux besoins et aspirations de la population. Cet examen permet aussi de faire un point précis de nos relations avec l’Etat, de la vision que le gouvernement a du rôle de notre collectivité. Et disons le, les nouvelles réformes que le gouvernement prend sur la fiscalité locale des collectivités n’ont rien de rassurantes pour l’avenir des collectivités locales.

L’État fait la sourde oreille face aux revendications des collectivités locales et des citoyen-n-e-s. Loin de la construction collective qu’appellent les difficultés de la période et le contexte mondiale, qui influe sur la situation économique et sociale de notre pays, le gouvernement décide le passage en force en utilisant le 49.3 pour faire adopter la loi de finance 2023.

Cette situation est inadmissible au moment d’une vague de détresse sociale qui s’annonce sans précédent.

Comme élu-e-s, nous travaillons à un plan social d’urgence pour habitant-e-s de la Seine-Saint-Denis et nous exigeons que l’Etat nous donne les moyens afin que ce plan puisse être à la hauteur des besoins

Voici mon intervention dans ce sens

50 ans après le procès de Bobigny, un hommage à Gisèle Halimi

Le 8 novembre, entouré.e.s de nombreuses personnalités, nous avons donné le nom de Gisèle Halimi au bâtiment qui a accueilli le procès de Bobigny il y a 50 ans, en mémoire de cette avocate exceptionnelle, au nom de tous les combats émancipateurs féministes qu’elle a porté et de ses luttes contre le racisme et contre la guerre d’Algérie.

Nous avons réaffirmé le vœu de sa panthéonisation et renouvelé notre soutien à l’inscription du droit à l’avortement dans notre Constitution.

Pour mémoire, il y a 50 ans s’ouvrait le procès de Bobigny au cours duquel 5 femmes furent jugées. Marie-Claire Chevalier, pour avoir avorté à 17 ans suite à un viol, comparaît devant la cour d’assise pour mineurs.es. Les 4 autres femmes, dont sa mère, sont poursuivies pour pratique et complicité d’avortement. Les audiences se tiennent au Tribunal de Grande Instance de Bobigny de l’époque, devenu propriété du Département.  

Gisèle Halimi, avocate des prévenues, adopte alors une stratégie de défense inédite : ses clientes ne sont pas coupables d’avoir pratiqué et aider à pratiquer un avortement, mais victimes d’une loi archaïque, d’un autre âge, qui enferme les femmes.

De nombreuses personnalités viennent à la barre témoigner de la nécessité d’autoriser les interruptions de grossesse et des inégalités socio-économiques qui touchent les femmes dans la libre disposition de leur corps.

« C’est toujours la même classe, celle des femmes pauvres, vulnérables économiquement et socialement, cette classe des sans-argent et des sans-relations qui est frappée. » clame Gisèle Halimi.  Pour les riches, la Suisse, et pour les pauvres, la cour d’assise !

A l’issue de ce procès, il faudra encore attendre trois ans pour que la mobilisation sociale aboutisse à la Loi Veil, qui dépénalisera l’avortement en 1975. Mais ce droit est fragile, remis en cause aux Etats-Unis mais aussi en Europe, en Pologne et en Hongrie.

17 octobre 1961, se souvenir…

Le 17 octobre 1961 était réprimée dans le sang une manifestation pacifiste pour l’indépendance de l’Algérie.

Après des décennies de silence, d’occultation, les événements du 17 octobre sont enfin connus.

La Seine-Saint-Denis est profondément meurtrie et marquée par ces événements. C’est pourquoi, dès 2018, nous avons été le premier Département à lancer un cycle de commémoration dédié.

Nous avons ainsi noué un partenariat avec le Musée national de l’histoire de l’immigration, l’Institut national des Archives, le Campus Condorcet, la DILCRAH, en lien étroit avec l’Education Nationale. Avec un objectif : mener des projets éducatifs auprès des collégiennes et les collégiens d’aujourd’hui afin de leur donner les clés pour appréhender cette date, avec toute la profondeur historique que cela requiert.

Nous allons continuer et aller plus loin notamment grâce à des œuvres dans l’espace public. C’est le cas de la fresque de Joachim Romain à Aubervilliers le long du canal, mais aussi d’un tryptique réalisé par les sœurs Chevalme, dans le très beau Musée Paul Eluard à Saint-Denis, ou encore de la sculpture de Rachid Koraïchi, artiste algérien à la renommée internationale, qui sera installée le 1er novembre 2022 au Parc Georges Valbon.

En plus de ce travail, nous organisons le 8 novembre prochain une journée d’étude sur le soixantenaire de l’indépendance de l’Algérie à la Bourse départemental du Travail à Bobigny.

Pour découvrir le programme cliquez ICI

Il est temps d’engager une démarche collective, plus large, de reconnaissance de notre passé colonial en Algérie. Cela nécessite une volonté assumée et plus forte de l’Etat.

Regarder notre passé en face, ça n’est pas faire acte de repentance, c’est permettre de nous tourner ensemble vers l’avenir.

Des mesures pour la réussite de toutes et tous

Le conseil départemental a acté 2 décisions fortes pour oeuvrer à la réussite de toutes et tous :

  • nous recentralisons le coût des dépenses de chauffage liées au gaz pour que cette dépense qui explose ne pèse pas sur le budget des établissement. Ainsi, dans les établissements, les directions n’auront donc pas à choisir entre payer ces factures et mettre en place des projets pédagogiques. Le Département provisionne dore et déjà près de 12 millions €, au lieu de 3.5 millions €, pour le gaz et plus de 9 millions pour l’électricité, soit le double que dans le budget précédent, déjà recentralisé en 2018.
  • Nous gelons les prix de la restauration scolaire malgré l’augmentation du prix des denrées. Ainsi, les familles n’auront pas à payer plus cher pour assurer un repas complet et équilibré à leurs enfants pendant la pause méridienne. Pas question que les ménages supportent la hausse de ces prix alors que les dépenses du quotidien explosent.

Voici mon intervention pour soutenir ces décisions:

Lycée Feyder en sureffectif en STMG

Dès la mi-septembre les lycées Jacques Brel de la Courneuve, Jean-Renoir de Bondy et Feyder d’Epinay étaient en grève pour dénoncer la situation les sureffectifs en séries technologiques STMG. Une centaine de personnes enseignant.es, de parents d’élèves FCPE et des élu·e·s étaient présents. Ainsi le Lycée Feyder compte en moyenne 31,40 par classe en premières et 29,07 pour les terminales, le jour de la rentrée.

Cette situation est la même au Lycée Jacques Brel, La Courneuve, et au Lycée Jean Renoir à Bondy.

Face à cette situation les équipes enseignantes comme les parents d’élèves réclament l’ouverture d’une 5e classe de STMG supplémentaire pour permettre le retour à 24 élèves par classe.

Une nouvelle division en 1STMG n’est pas dans les circonstances actuelles un confort mais une nécessité. Aujourd’hui, au lycée Feyder la salle informatique n’est pas assez grande pour accueillir de tel effectif par classe de 1ère STMG! L’ensemble des élèves ne peuvent pas s’assoir durant cette heure de cours.

De plus, la création d’une classe supplémentaire permettrait de résoudre les problèmes de sureffectifs au lycée Feyder, comme celui des élèves non affectés ou en sureffectif ailleurs.

Nous avons indiqué que, en l’absence de réponse satisfaisante, nous étions prêts à relancer un mouvement social le 1er octobre,

Pour apporter notre soutien à cette revendication d’une classe supplémentaire de STMG, nous avons écrit un courrier signé de Fabien Gay, Sénateur, Soumya Bourouaha, députée, Didier Mignot, conseiller régional et moi même comme conseillère départementale.

En l’absence pour l’heure d’une réponse du rectorat, nous resterons mobilisés pour exiger que l’État crée les conditions de toutes et tous sur notre territoire !

Vous trouverez le courrier ci-dessous :